Alice Saunier-Seïté est doyenne d'Université à Brest.
Janvier
02/01Le Parti Communiste Marxiste Léniniste de France (PCMLF) "pro-chinois" est crée.
08/01Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports, vient inaugurer la piscine du campus de Nanterre. L'étudiant Cohn-Bendit l'interpelle : "J'ai lu votre Livre blanc, 600p d'inepties. Vous ne parlez même pas des problèmes sexuels des jeunes. - Si vous avez ce genre de problèmes, vous n'avez qu'à vous plonger dans la piscine! - C'est exactement le type de réponse que l'on obtient dans un régime fasciste.".
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Un homme vraisemblablement atteint de troubles mentaux coupe à l'aide d'un couteau le tableau La Vierge aux anges de Peter Paul Rubens au Louvre à Paris.
19/01Les enseignants et étudiants de 6 lycées parisiens entrent en grève à l'appel du CAL pour protester contre l'exclusion d'un étudiant pour activités politiques.
30/01Les Français évacuent la base de Mers El-Kébir.
Février
07/02Le Président irakien Aref débute une visite officielle en France.
14/02L'UNEF et la FRUF décident une campagne nationale pour l'abrogation des réglements intérieurs dans les cités universitaires.
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2000 personnes se rassemblent place du Trocadéro (Paris) contre le renvoi de Langlois de la Cinémathèque, à l'appel de Truffaut, dont Godard, Chabrol, Léaud, Eustache, Wiazemsky, Resnais, Signoret, Piccoli, Man Ray, Nicholas Ray, etc. Les CRS interviennent violemment.
15/02Le journal "Combat" titre "Les matraques d'André Malraux" à propos de la répression policière de la manifestation au Trocadéro (Paris) contre le renvoi de Langlois de la Cinémathèque.
16/02Un Comité de défense de la Cinémathèque, présidé par Resnais, est crée.
20/02Une manifestation, rue de Courcelles (Paris), contre le renvoi de Langlois de la Cinémathèque, manque de virer à l'émeute.
23/02Le ministre de l'Education Peyrefitte fixe les droits de visite pour les résidents universitaires : "Oui à un élargissement [...] pour les majeurs, [...] non à un régime indistinct pour les garçons et les filles [...] oui à la participation, à la gestion des oeuvres".
24/02Le secrétaire d'Etat à la culture Malraux répond, à l'Assemblée nationale, à des questions écrites sur la cinémathèque française et son directeur Langlois.
28/02Le Gouvernement français estime que, faute d'une négociation, la guerre du Vietnam risque de mettre en cause la paix du monde.
Mars
02/03Des étudiants manifestent à Rennes et Besançon pour l'abrogation des réglements intérieurs des cités universitaires.
08/03Le western "Le Bon, la Brute et le Truand" de Leone sort en salles.
13/03Le restaurant universitaire d'Antony se met en gève pour l'abrogation des réglements intérieurs des cités universitaires.
17/03Chirac est élu conseiller général de Corrèze.
18/03500 manifestants (avec lycéens et étudiants de Nanterre) défilent rue de Courcelle, à Paris, devant le siège de la Cinémathèque, contre le renvoi de Langlois. Léaud hurle : "Des films, pas des flics.".
22/03Le Mouvement du 22 Mars, de Daniel Cohn-Bendit, occupe certains locaux de l'université de Nanterre, en prologue aux événements de Mai 68.
24/03Le Président De Gaulle prononce un discours à Lyon en faveur de la régionalisation.
26/03Le Premier Ministre Pompidou reçoit Fock, chef du Gouvernement hongrois.
27/03La police interroge Cohn-Bendit à propos de la diffusion de tracts expliquant comment fabriquer un cocktail Molotov.
Avril
01/04Les cours reprennent à l'Université de Nanterre.
09/04Premier lancement d'une fusée à partir de la base spatiale de Kourou en Guyane française.
23/04Langlois est réintégré comme Secrétaire Général de la Cinémathèque, qui devient un organisme privé.
27/04Réalisation de la première transplantation cardiaque en Europe, à l'hôpital de la Pitié (Paris 13e), par le professeur Christian Cabrol.
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Cohn-Bendit est arrêté suite à une plainte pour coups et blessures et relâché quelques heures plus tard.
29/04Première diffusion télévisée des Shadoks.
30/04Clovis Roblain, greffé du cœur par Cabrol, meurt d'une complication post-opératoire à Pitié à Paris.
Mai
03/05La police fait évacuer la Sorbonne à Paris.
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Des barricades font leur apparition sur le boulevard St-Michel et dans tout le Quartier Latin, en dépavant les rues, renversant les voitures ou en abattant des arbres.
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Les CRS donnent l'assaut aux étudiants, dans le Quartier latin, avec des gaz lacrymogènes, des grenades incendiaires et des matraques, accueillis par des cris de "CRS SS!" : nombreux blessés des 2 côtés et env 600 interpellations (dont Cohn-Bendit et Sauvageot).
04/05Le gouvernement Pompidou décide de fermer la Sorbonne aux étudiants pour éviter les dégradations et les rassemblements.
05/05L'UNEF et le SNE-Sup appellent les étudiants et les enseignants à la grève pour protester contre les condamnations de 4 étudiants à 2 mois de prison ferme.
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27 étudiants (manifestants du 3 mai) passent devant le tribunal des flagrants délits : 4 sont condamnés à 2 mois de prison ferme et les autres (dont Sauvageot et Cohn-Bendit) sont condamnés avec sursis.
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De Gaulle, à l'Elysée, se tourne vers son ministre de l'Education Peyrefitte: «Mais enfin, ce Cohn-Bendit, qu'est-ce qu'il a pour lui? Comment s'y prend-il pour entraîner tant de jeunes derrière lui?».
07/05Le Président de Gaulle déclare : "Il n'est pas possible de tolérer les violences de la rue".
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30000 étudiants défilent à Paris, à l'appel de l'UNEF, entre la place Denfert-Rochereau et l'Arc de Triomphe. Ils chantent "L'Internationale" sur la tombe du Soldat Inconnu.
08/05Le ministre de l'Education Peyrefitte fustige, à l'Assemblée nationale, les "enragés" dont "l'idéologie est confuse. Anarchisme, castrisme, maoïsme, tout s'y mêle et ce qui surnage c'est le nihilisme sans doctrine". Il promet la reprise des cours à la Sorbonne et à Nanterre dès le calme revenu.
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Le député Mitterrand déclare à l'Assemblée nationale : "La jeunesse n'a pas toujours raison, mais une société qui méprise les jeunes et leur tape dessus a toujours tort".
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Le Premier Ministre français Pompidou, en visite à Kaboul, rencontre le roi Zaher Chah.
10/05Première nuit des barricades de mai 68. Dans la nuit du 10 au 11 mai, au Quartier latin à Paris, des affrontements violents entre étudiants et CRS font des centaines de blessés et d'importants dégâts matériels.
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L'Université de Nanterre rouvre.
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Les étudiants mettent en place environ 60 barricades dans le Quartier Latin. Des émeutes ont lieu notamment rue Gay-Lussac : 188 véhicules endommagés ou incendiés.
13/05Grande manifestation et début d'une grève générale qui va paralyser tout le pays, temps fort des événements de mai 68.
14/05La Sorbonne et le Quartier Latin, à Paris, sont couverts d'inscriptions et de slogans anarchistes ("Sous les pavés la plage","Il est interdit d'interdire","Vivre sans contrainte et jouir sans entrave", etc...) par des étudiants.
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Visite officielle du général Charles de Gaulle (président de la France) en Roumanie.
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Les députés du PCF et du FGDS déposent une motion de censure à l'Assemblée nationale contre le gouvernement Pompidou.
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Des étudiants occupent l'atelier Brianchon de l'école des Beaux-Arts de Paris et créent un "atelier populaire" pour réaliser des affiches de soutiens aux manifestations.
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Mendès-France intervient dans un débat sur les manifestations d'étudiants.
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La Sorbonne et le Quartier Latin, à Paris, sont couverts d'inscriptions et de slogans anarchistes ("Sous les pavés la plage","Il est interdit d'interdire","Vivre sans contrainte et jouir sans entrave", etc…) par des étudiants.
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Le Premier Ministre Pompidou annonce le dépôt d'un projet de loi d'amnistie pour les "exilés" des événements d'Algérie.
15/051000 étudiants occupent le Théâtre de l'Odéon à Paris et le proclament "permanence révolutionnaire créatrice".
25/05Les journalistes de l'ORTF votent la grève générale et renforcent ainsi l'importance du conflit débuté par les étudiants à la fin mars. Les journalistes veulent ainsi dénoncer le silence qui leur est parfois imposé et les conditions de travail qu'ils jugent incompatibles avec le travail de journaliste.
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Mendès-France déclare, à propos du référendum sur la participation annoncé par le Président de Gaulle : "un plébiscite, ça ne se discute pas, ça se combat".
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Des négociations entre le Gouvernement (Premier Ministre Pompidou, secrétaire d'Etat à l'emploi Chirac), le patronat (Huvelin) et les syndicats (Séguy de la CGT, Bergeron de FO) débutent au ministère des Affaires Sociales (rue de Grenelle à Paris).
26/05Mendès négocie avec la préfecture pour que l'UNEF puisse tenir un meeting au stade Charlety le 27/06/68.
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De Gaulle donne son accord à Jacques Foccart pour l'organisation d'une grande manifestation pour le 31.
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La 1ère séance de négociation Gouvernement /Syndicats s'achève sur l'accord de Huvelin (CNPF) d'augmenter le SMIG de 30%.
27/05
Conclusion en France des accords de Grenelle.