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Grèves des Penn Sardin (13 événements)
Grèves des Penn Sardin

(13 événements)

Février
 
Un conflit oppose les usiniers-fabricants de conserves et les ouvrières de l'emboîtage. Elles peuvent travailler jusqu'à 18 heures par jour et sont payées au mille de sardines. Le comptage est souvent revu à la baisse et elles revendiquent d'être payées à l'heure. La grève commence à Douarnenez mais rapidement, les ouvrières des autres villes de la côte cessent le travail. 400 femmes adhèrent au Syndicat des sardinières dont la présidente est Angelina Gonidec. Plusieurs syndiquées sont licenciées avant que les industriels n'acceptent le principe d'un paiement à l'heure. Mais tablant sur un possible conflit entre les sardinières, les usiniers organisent un référendum, où les ouvrières se prononcent pour le salaire à l'heure à 944 contre 21. L'accord ne sera effectif dans toutes les conserveries qu'à la fin du mois d'août[.
Novembre
21/11
Début de la Grande Gréve des Penn Sardin à l'usine Carnaud qui fabrique les boîtes de conserves pour les sardineries. La revendication porte sur une augmentation de salaire : les grévistes, en majorité des femmes, défilent avec le mot d'ordre « Pemp real a vo ! » (Cinq réaux ce sera!). Cinq réaux, soit 1,25 franc.
23/11
A Douarnenez, 20 usines sont en grève et un comité est créé.
25/11
Toutes les sardineries de Douarnenez sont à l'arrêt.
Décembre
05/12
Les manifestants bloquent un convoi qui tente de sortir un chargement de conserves. Les gendarmes répriment les actions des grévistes. Le Flanchec (maire communiste de Douarnenez), qui s'est interposé, est suspendu de ses fonctions.
06/12
Le journal l'Humanité rend compte de la charge contre les Penn Sardin menées sur ordre du ministère de l'intérieur dans un article intitulé « Le sang ouvrier a coulé à Douarnenez ».
09/12
Devant le conflit qui s'éternise, les maires des communes limitrophes de Tréboul, Ploaré et Pouldavid proposent leur arbitrage refusé par les industriels, de même que celui du préfet.
15/12
Le ministre du travail Justin Godart ayant proposer directement une médiation dans la gréve des Penn Sardin, deux délégations se rendent à Paris mais les négociations échouent.
22/12
Mme Quéro, patronne d'une sardinerie, accepte de négocier l'augmentation de salaire demandée et un accord est conclu.
23/12
La sardinerie de Mme Quéro rouvre ses portes suite à l'accord conclu la veille.
Janvier
01/01
Vers 18 heures, des briseurs de grève pénètrent dans un café où se trouvait Le Flanchec. Ils tirent sur lui, le blessant grièvement ainsi que son neveu et trois autres hommes. La foule saccage l'Hôtel de France où logeaient les agresseurs ; un meeting est organisé en hâte par les responsables syndicaux pour détourner les manifestants en colère des maisons des usiniers.
06/01
Les patrons usiniers cèdent aux demandes des ouvrières. L'« accord de Douarnenez » stipule que désormais le salaire horaire sera de un franc pour les femmes et un franc cinquantes centimes pour les hommes, majoré de 50 % au delà de 10 heures consécutives et en cas de travail de nuit.
Octobre
 
Procès des briseurs de grève. Les industriels commanditaires ont déjà été relaxés dès le mois de juillet, seuls trois hommes de main restent au banc des accusés. Le Flanchec, qui avait été grièvement atteint à la gorge, s'est rétabli, de même que les pêcheurs plus légèrement blessés. Le neveu de Le Flanchec reste par contre lourdement handicapé et assiste au procès dans un état d'hébétude. Les faits sont établis : les trois accusés ont bien été payés par les conserveurs Béziers et Marlière pour briser la grève. Ils sont néanmoins acquittés des tentatives d'assassinat.
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