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Crise viticole de 1907 (48 événements)
Crise viticole de 1907

(48 événements)

Janvier
 
La sonnette d'alarme est tirée par un rapport diffusé par la Revue de la Société des Viticulteurs de France : « Le sucrage des vendanges n'a été autorisé par la loi qu'en vue de la chaptalisation, c'est-à-dire comme moyen d'améliorer la qualité du vin, et non comme un procédé propre à en augmenter la quantité à l'aide du mouillage. Il est donc légitime d'établir un impôt proportionnel sur le produit naturel ainsi amélioré.
Février
 
Une grève fiscale commence à Baixas. Joseph Tarrius, vigneron et pharmacien, fait signer une pétition à ses concitoyens intitulée : « La commune de Baixas, incapable de payer l'impôt, est sous le coup d'expropriation en masse. Il n'est qu'un impôt que nous puissions payer et que nous payons encore : l'impôt du sang ».
18/02
Marcelin Albert envoie de son initiative un télégramme au Président du Conseil Clemenceau.
Mars
11/03
Un groupe de vignerons du Minervois, à Argeliers, donne le signal de la révolte.
14/03
Sarraut, originaire de Bordeaux, sénateur de l'Aude et sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, se fait tancer par le Président du Conseil Clemenceau pour avoir tenté de plaider la cause son électorat.
24/03
Les vignerons du "Comité d'Argeliers" tiennent un meeting à Sallèles-d'Aude devant 300 personnes : Marcelin Albert se fait remarquer par son charisme.
31/03
Cinq à six cents manifestants se retrouvent à Bize-Minervois.
Avril
07/04
Le rassemblement d'Ouveillan, réunit 1 000 personnes.
14/04
Un rassemblement mobilise plus de 5 000 manifestants à Coursan.
21/04
10000 viticulteurs se retrouvent à Capestang (Hérault).
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Publication du premier numéro du Tocsin édité par le comité d’Argeliers. C'est un hebdomadaire dont Marcelin Albert assume la direction et Louis Blanc la rédaction. Ce numéro contient une adresse au parlement afin que soit votée une loi contre la fraude.
28/04
20000 vignerons se rassemblent à Lézignan-Corbières.
Mai
05/05
Un rassemblement viticole mobilise env 90000 personnes à Narbonne. Le maire Ferroul prend position pour la lutte des viticulteurs du Midi et stigmatise l'État.
12/05
Marcellin Albert lance un ultimatum au Gouvernement : il exige une hausse des cours du vin et menace d'avoir recours à la grève de l'impôt.
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A l'appel des vignerons, 150000 personnes se rassemblent à Béziers, allées Paul Riquet et sur le Champ-de-Mars.
16/05
Des viticulteurs, trouvant trop tardive la prise de position du maire de Béziers en leur faveur, provoquent une émeute et le forcent à démissionner.
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Le poste de Police et la façade de la mairie sont incendiés.
19/05
A l'appel des vignerons, à Perpignan se rassemblent env 180000 personnes.
22/05
Caillaux, ministre des finances, dépose un projet de loi sur la fraude en matière de vin.
26/05
230 000 personnes manifestent à Carcassonne.
Juin
 
Montéhus compose la chanson "Gloire au 17e", en l'honneur du RI qui refusa de tirer sur une manifestation de vignerons à Béziers.
02/06
270000 manifestants défilent à Nîmes pour les vignerons.
09/06
Gigantesque rassemblement de Montpellier va marquer l'apogée de la contestation vigneronne dans le Midi de la France. La place de la Comédie est envahie par une foule estimée entre 600 et 800 000 personnes. Devant les manifestants viticoles, Ferroul, maire de Narbonne, appelle à la démission de ses collègues du Languedoc-Roussillon. Il prône la désobéissance civique.
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50 000 personnes défilent dans les rues d'Alger pour soutenir les viticulteurs métropolitains.
10/06
L'ultimatum de Marcellin Albert expire et le Midi viticole entame la grève de l'impôt.
11/06
Jaurès, qui s'est fait le défenseur de la cause vigneronne à la chambre des députés, dépose avec Guesde un contre-projet de loi.
17/06
22 régiments d’infanterie et 12 régiments de cavalerie occupent tout le Midi, soit 25 000 fantassins et 8 000 cavaliers.
19/06
Dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les conseils municipaux démissionnent collectivement ; certains appellent à la grève de l'impôt.
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La foule des viticulteurs attaque la sous-préfecture de Narbonne. Les troupes tuent 1 manifestant.
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Ferroul, maire de Narbonne est arrêté à son domicile par les militaires du 139e RI, et emprisonné à Montpellier.
20/06
A Béziers, le 17è RI se mutine et se joint aux manifestants viticulteurs.
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Narbonne est occupée par les vignerons insurgés. Le 139è RI, qui fait le service d'ordre, tire dans la foule et tue 5 personnes.
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À Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet Dautresme doit se réfugier sur le toit.
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À Montpellier, la foule se heurte aux forces armées.
21/06
Face à la crise viticole du Midi, le Président du Conseil Clemenceau se fait voter la confiance de l'Assemblée Nationale.
22/06
Clemenceau annonce la fin de la mutinerie et obtient la confiance au gouvernement par 327 voix contre 223.
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Pourchassé par la police, Marcelin Albert est contraint de se cacher puis de se sauver à Paris.
23/06
Une loi est enfin votée, qui réprime la chaptalisation massive des vins.
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Le président du conseil reçoit Marcelin Albert. Au cours de leur entrevue, il fait promesse de réprimer la fraude si, en contrepartie, Albert retourne dans le Languedoc pour calmer la rébellion. Son interlocuteur accepte même de se constituer prisonnier. Clemenceau lui signe un sauf-conduit pour retourner dans l’Aude et lui remet cent francs pour payer son retour en train. Marcelin Albert a la naïveté d'accepter.
24/06
Marcelin Albert est de retour à Narbonne. Il rencontre les membres du nouveau comité de défense et tente de les convaincre de suspendre le mouvement. Mais l’entretien avec Clemenceau a totalement discrédité Albert aux yeux de ses compagnons. Il manque de se faire lyncher par ses anciens amis.
26/06
Marcelin Albert se rend à Montpellier pour se constituer prisonnier.
27/06
Une loi prévoit de lutter contre les fraudes viticoles.
29/06
Sous la pression des évènements, le parlement est réuni. Jean Jaurès intervient et met en garde ses collègues : « L'événement qui se développe là-bas, et qui n'a pas épuisé ses conséquences, est un des plus grands événements sociaux qui se soient produits depuis trente-cinq ans. On a pu d'abord n'y pas prendre garde ; c'était le Midi et il y a une légende du Midi. On s'imagine que c'est le pays des paroles vaines. On oublie que ce Midi a une longue histoire, sérieuse, passionnée et tragique ». La loi protégeant le vin naturel contre les vins trafiqués est adoptée. Elle interdit la fabrication et la vente de vins falsifiés ou fabriqués. Tous les propriétaires doivent désormais déclarer la superficie de leurs vignobles. Le législateur impose également les déclarations de récolte et de stock, et le droit pour les syndicats de se porter partie civile dans les procès pour fraudes.
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Les parlementaires promulguent une loi « tendant à prévenir le mouillage des vins et l'abus du sucrage par une surtaxe sur le sucre et obligation de déclaration par les commerçants de vente de sucre supérieur à 25 kilos ».
Juillet
15/07
La loi du 15 juillet complète celle du 29 juin en réglementant la circulation des vins et des alcools.
Août
31/08
Le gouvernement accepte d'exonérer d'impôts les viticulteurs sur leurs récoltes de 1904, 1905 et 1906.
Septembre
03/09
Un nouveau décret parait, spécifiant que : « Aucune boisson ne peut être détenue ou transportée en vue de la vente ou vendue sous le nom de vin que si elle provient exclusivement de la fermentation alcoolique du raisin frais ou du jus de raisin ». Ainsi, la fraude devient quasiment impossible.
Octobre
21/10
Un décret institue le « service de la répression des fraudes » et définit ses fonctions, son autorité et ses moyens.
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